LE CHIEN

ORIGINE et HISTOIRE

4- Le chien, meilleur ami de l'Homme, la domestication

Le chien meilleur ami de l'homme, et qui tiendrait ses origines du loup. Cela, nous en sommes quasiment certain, car au fur et à mesure que les techniques scientifiques s'améliorent et que les sites archéologiques voient le jour, nos convictions volent en éclat, nos croyances nous abandonnent pour enfin laisser place à desfaits scientifiques et aux résultats de travaux scientifiques de longues durées. La vraie question n'est donc plus de savoir si le chien descend du loup, ce qui semble plutôt clairement admis, mais quand ce rapport avec l'Homme a-t-il bien pu commencer. Certaines études scientifiques tenteraient en ce début de XXIème siècle d'établir la divergence entre le loup et le chien, il y a 100 000 au moins. ( Etude ADN, Biologiste Carles Vilà, Université de Californie - Los Angeles ). Sur la base d'une étude très sérieuse, il n'en demeure pas moins vrai que nous n'en avons pas trouver aujourd'hui les preuves sur site.

Le cas d'Ein MALLAHA, en Israël :

Simon DAVIS, Archéologue et son équipe, découvre le site d'Ein Mallaha au nord d'Israël en 1979. L'équipe découvre un squelette humain avec dans ses bras, le squelette d'un petit chien, (ou louveteau). Daté avec la technique du carbone 14, les ossements permettent d'établir l'origine de ces ossements environ 14 000 ans plus tôt. [Nous sommes au Paléolithique supérieur, les hommes sont chasseurs-pêcheurs, magdaléniens, futurs Aziliens.] Un début de preuve d'une collaboration déjà très ancienne entre l'Homme et "l'animal".

 

Sur le site de de Bonn-Oberkassel, les Archéologues ont découvert le squelette d'un homme d'environ 50 ans et d'une femme de 25-30 ans. L'analyse des ossements aux alentours, (Analyse de Günther Nobis), met en évidence la présence d'un chien domestique, nouvelle preuve d'une collaboration poussée entre l'Homme et l'animal.

Une autre théorie tendant à prouver que cette collaboration est plus ancienne qu'on le pense, nous est présentée par une étudiante, aujourd'hui Professeur Jennifer A. Leonard, du temps de sa présence dans le laboratoire du Professeur en biologie Robert K. Wayne de UCLA. J.A Leonard a réalisé l'extraction d'ADN de chiens en preovenance de sites au Pérou, en Bolivie et au Méxique. Lorsqu'elle a comparé cet ADN avec celui du chien moderne et du loup moderne, elle découvre que ces chiens sont plus proches du chien ancient, que du loup gris d'Amérique du Nord, d'où sa théorie : "cela impliquerait que les chasseurs-cueilleurs nomades auraient émigré d'Asie vers l'Amérique du nord par le détroit de Béring asseché, au moins 14 000 ans avant, et étaient déjà accompagnés par des "chiens". Je ne cite ici que certains chercheurs, mais il faut savoir que de très nombreux scientifiques ont collaboré à ces études et mis en commun les résultats de leurs travaux. Les publications sont énormes sur le sujet et parfois réservées à des lecteurs avertis et impliqués.

Tombeau avec un squelette de chien -8 500 ans

Site de KOSTER, Illinois, USA

Si nous admettons que le chien provient bien du loup, comment imaginer une telle transformation, une telle diversité en provenance d'une seule souche ? Nous savons avec certitude que le "chien-loup" a été domestiqué par les contacts répétés avec l'Homme. Certains documents photographiques sont éloquent, ceux sur lesquels on peut observer une femme malgache donnant le sein à des "louveteaux" attachés à la tribu par exemple, sans que nous puissions affirmer d'ailleurs, si ces derniers aidaient à la chasse ou représentaient simplement un futur repas.

 

Femme Indienne nourrissant un animal au sein

Pour nous permettre de comprendre comment une telle diversité est possible et quel a pu être le mécanisme de la domestication, il faut se reporter à l'excellente expérience et au travail titanesque lancé par Dmitry BELYAEV avec les renards argentés.

 

Renard argenté

Le scientifique généticien Dmitry K Belyaev, dans ce qui était encore l'URSS, a commencé ses experimentations génétiques en 1959. Jusqu'à 1948, il travaillait comme responsable du Département d'élevage d'animaux à fourrure pour le Laboratoire central de recherche pour l'élevage d'animaux à fourrure à Moscou. Son point de vue engagé concernant la génétique traditionnelle, lui vaudra sa mise à l'écart. Il se rend alors, en 1959, à Novosibirsk, où il participera à la naissance de l'Académie des Sciences de Sibérie, dont il devient le Directeur du département de cytologie et de génétique, de 1959 à 1985, année de sa mort. Ses travaux ont continué par delà sa disparition, sous la responsabilité du Professeur Lyudmila N. TRUT, responsable du groupe de recherche à la suite de D.K Belyaev.

La théorie de D K Belayev sur la domestication s'appuie, non pas sur la sélection de traits physiques ou physiologiques de l'animal, mais sur sa sélection en fonction de son comportement, ( Behaviour ), qui modifierait sa morphologie et sa physiologie. L'équipe de Lyudmila N TRUT continuera dans une direction  un peu différente, mais toujours dans le but de comprendre le mécanisme de la domestication. Que dire alors de la modification et de l'évolution du renard argenté dans ce contexte, éolution naturelle ou évolution maîtrisée par la selection humaine ou bien encore, conjonction des deux. Après 40 ans et quelques 45 000 renards argentés nés et gérés dans le centre, on peut retenir les résultats suivants.

Les sujets étudiés sont devenus familiers et domestiqués dans une certaine mesure, et à des degrés différents. La captivité à modifié le comportement, la morphologie, les caractères essentiels, le cycle de reproduction, mais aussi la couleur du pelage, la taille, (plus petit), la taille du cerveau, (plus petit), apparition d'un stop. Le "renard domestique" reste très adolecent, comme le chien et au contraire du Canis Lupus, qui perd à l'âge adulte ses traits juvéniles. Le renard argenté au fur et à mesure de sa domestication devennait de plus en plus juvénile à l'âge adulte.

Cette expérience, après 40 ans, ne nous offre pas des renards complètement domestiqués dans la totalité, mais nous permet d'entrevoir, le processus qui lentement et au cours de milliers d'années a permis à l'Homme et au Chien de devenir des compagnons d'une grande complicité, sachant que ce CANIS LUPUS évolutif profitait de la chasse des Hommes pour se nourrir au plus facile et était pour l'Homme un auxiliaire de chasse, voire même dans certains cas, une réserve de denrée en cas de disette.

Lire l'article de Lyudmila N. Trut

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